
Nathalie Labrousse-Marchau est professeur agrégée de Philosophie au Lycée des Bourdonnières à Nantes et responsable pédagogique du Festival des Utopiales. Elle co-dirige le Dictionnaire Encycopédique des Littératures de l'Imaginaire (sortie 2009, l'Atalante).
Après avoir cherché mon chemin quelque part entre les lettres et les mathématiques, voire la logique formelle, je m'oriente finalement vers la philosophie, qui a l'insigne avantage de me permettre de poursuivre ma carrière d'irréductible touche-à-tout. Parallèlement, je m'intéresse de plus en plus à la science-fiction, notamment après la lecture du fameux essai de GuyLardreau, Fictions philosophiques et Science-fiction. Devenue professeur de philosophie en 1990, je vais progressivement entrer dans le petit monde de la SF, d'abord en publiant articles et critiques sur nooSFere, puis dans des revues papier (Asphodale, Faëries, Galaxie). En 2000, lorsque le festival Utopia (devenu depuis les Utopiales) s'intalle à Nantes, je commence à y donner quelques conférences, pour en devenir en 2004 la conseillère pédagogique. Et enfin, je co-dirige actuellement pour les éditions l'Atalante le futur Dictionnaire encyclopédique des littératures de l'Imaginaire, qui devrait sortir courant 2009.
Conférence de Nathalie Labrousse
Mercredi 16 janvier 2008, 19H00, Médiathèque de Nantes
L'imagerie des littératures non-mimétiques
Dans le petit monde du fandom, on appelle "littératures non mimétiques", dans une perspective aristotélicienne, les genres qui ne cherchent pas à représenter le Réel, mais s'en écartent au contraire sciemment, que cela soit pour spéculer sur ce qu'il pourrait être(science-fiction), y introduire un autre radical (fantastique), ou fantasmer sur ce qu'il n'est pas (fantasy).
Pour le profane, ces "mauvais genres", sont souvent pensés en termes d'archétypes - astronefs, sabres laser et monstres aux yeux pédonculés d'un côté, imagerie médiévale et héroïque de l'autre. Qu'en est-il en réalité ? Quelles images les littératures de l'imaginaire véhiculent-elles ? Se contentent-elles de les puiser dans l'imaginaire collectif, stratégie nécessaire, peut-être, pour établir une connivence avec un lecteur qui, par définition, n'appartient pas au monde de la narration ? En constituent-elles un, avec ses codes et ses règles propres ? Autant de questions que nous tenterons d'aborder au travers de cette discussion.